.recentcomments a{display:inline !important;padding:0 !important;margin:0 !important;}
Loading...

Révolutions en Asie du Sud-Est : l’impact des technologies ? – Episode 1 : la révolution verte en Asie Rurale

La révolution verte, ou révolution agricole, a marqué un pas immense dans l’implémentation de technologies au sein des populations rurales dans les pays d’Asie du Sud-est à partir des années 1960. L’utilisation des sols et la mise en œuvre de nouvelles techniques ont permis l’amélioration de la production, évitant au continent asiatique famines et pénuries. Au cœur de ce sujet, un enjeu primordial : la sécurité alimentaire des populations.

De nouvelles variétés à haut rendement (VHR)

L’Asie Rurale évoque les rizières, la mousson, les silhouettes aux chapeaux coniques se baissant pour couper les plants de riz. Au Vietnam par exemple, les pratiques ancestrales sont encore pratiquées de nos jours : labour avec des buffles, sarclage à la main, moisson à la faucille. Une idylle de carte postale. Pourtant depuis les années 1960 le pays souffre de densités rurales qui s’alourdissent, d’une croissance démographique constante et de la raréfaction des terres agricoles. Au lendemain de la guerre, l’insécurité alimentaire est grande : les populations rurales ne sont plus en mesure de produire suffisamment pour se nourrir et elles ne disposent pas de moyens d’acheter à d’autres producteurs.

L’apport technologique le plus important qui a permis de pallier à ces problèmes est l’introduction de variétés  de semences « sélectionnées » et modifiées génétiquement. Ces nouvelles variétés de riz et de blé ont un rendement  2 ou 3 fois supérieur aux variétés traditionnelles, faisant ainsi augmenter d’un tiers la production céréalière en Asie du Sud-est.

L’apport d’engrais et de produits phytosanitaires, l’adaptation des technologies aux conditions environnementales (systèmes d’irrigation en cas de sécheresse, insecticides en cas d’infestation des cultures, vaccination du bétail en cas d’épidémie) ont également été des facteurs déterminants pour le succès de la révolution verte.

 Un élan donné par le Doi Moi

Le contexte politiquo-économique vietnamien a largement contribué au succès de la révolution verte. En 1986, le Doi Moi, la politique de changement et de « rénovation », est entériné par le gouvernement : le Vietnam passe d’une économie centralisée à une économie de marché. Le pays est porté par une très forte croissance économique (8,2% par an entre 1991 et 1995) et par un boom du commerce extérieur (2,5 milliards de dollars US en 1985 – 31 milliards de dollars en 2001). L’agriculture autarcique se transforme en agriculture marchande et exportatrice. En outre, l’Etat met en place des zones de culture exclusives (Delta du Mékong et Fleuve Rouge), libéralise les prix agricoles et décollectivise les terres. Les mutations sont à la fois d’ordre social – augmentation des populations rurales – et d’ordre structurel – l’Etat fait construire des ouvrages hydrauliques, des voies de communication et installe des technologies avancées pour transformer les productions.

Ainsi après deux guerres successives et 50 ans d’insécurité alimentaire, le Vietnam est devenu le 2e exportateur mondial de riz. Les pays d’Asie du Sud-est ont connu des révolutions vertes similaires : l’Indonésie et les Philippines sont devenues autosuffisantes, la Thaïlande est devenue le premier exportateur de riz mondial, et le Cambodge, qui n’exporte qu’une faible partie de sa production rizicole, en tire 7,5% de son PIB.

Vers une nouvelle révolution verte?

Le bilan de la révolution verte est pourtant mitigé. Certes, les principaux défis ont été relevés, l’apport de technologies a engendré de nombreuses mutations d’ordres géoéconomiques, sociales, politiques, à des niveaux micro et macroscopiques, qui ont contribué au développement de l’Asie Rurale.

Néanmoins aujourd’hui l’utilisation de variétés génétiquement modifiées pose les problèmes de l’ « érosion génétique », de l’utilisation massive des produits agrochimiques et de leurs impacts sur l’écologie et sur l’homme. De nouveaux enjeux sont apparus et les modèles de croissance sont remis en causes aux vues de la dégradation de l’environnement, de l’effet de serre, de la pollution de masse… Les experts de l’ONU appellent à améliorer l’efficacité énergétique.

Commentaires (1)
  • Duc says:

    Le Vietnam devrait même passer cette année premier exportateur mondial de riz ! Mais en grande partie à cause des petits soucis domestiques de la Thailande, il est vrai…

Laissez un commentaire