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Qui est Huu Ngoc?

Ce nom ne vous dit rien? Huu Ngoc est pourtant un célèbre érudit vietnamien, auteur d’innombrables articles et ouvrages sur la culture vietnamienne et son imbrication dans le tissu multi-culturel mondial.  Né en 1918 à Hanoi, cet intellectuel asiatique ne se limite pas à analyser l’identité culturel de son pays : il s’attache aussi à traiter des cultures francaise, américaine, laotienne, japonaise et bien d’autres. A l’age de 95 ans, cet écrivain continue d’oeuvrer pour sa passion, pour le rayonnement de la diversité culturelle et défend ainsi les valeurs d’acculturation et de partage universel.

La traversée de plusieurs générations

 Est-ce son âge avancé ou ses pléthoriques expériences qui ont forgé une si grande sagesse? Le “presque-centenaire” a pu voir son pays évoluer, se détruire, se reconstruire, se développer. Il a vécu tous ces changements, pour être aujourd’hui en mesure de porter un regard pertinent sur les méandres de l’histoire.

Ses débuts ne lui prédisent pourtant pas un avenir brillant : Huu Ngoc ne parvient pas terminer ses études de droit sous le régime français et renonce par la suite à devenir médecin. Pendant la guerre d’Indochine,  il est responsable du comité de rééducation des soldats européens et africains faits prisonniers lors de la bataille de Dien Bien Phu (1954).

Son parcours prend un tournant lorsqu’il devient le traducteur personnel de Ho Chi Minh.

Depuis, il a notamment présidé le comité de rédaction des Editions The Gioi «Le Monde» de Hanoi. Il a également dirigé le fond culturel Vietnam-Suède et le fond culturel Vietnam- Danemark. Décoré de la médaille de l’indépendance, de la médaille militaire pour ses faits d’armes, de l’Etoile suédoise du Nord et des Palmes Académiques, Huu Ngoc est auréolé d’une autorité intellectuelle que peu osent lui contester. Depuis presque vingt ans, il a su s’imposer comme le chroniqueur culturel du Courrier du Vietnam et s’entretient chaque semaine avec des milliers de lecteurs.

Une intarissable plume

Plusieurs milliers d’articles ont été signés de sa main. Ils ont pour la plupart été assemblés dans un imposant recueil : “A la découverte de la culture vietnamienne” (“Wandering through vietnamese culture”), publié en 2004 et devenu depuis un best-seller.

Pour cette oeuvre d’une portée colossale, Huu Ngoc reçoit le prix GADIF 2008 – Groupe des Ambassadeurs et des Institutions Francophones du Vietnam – ainsi que le “Gold Prize” 2006, pour sa version anglophone.

Entre 2003 et 2012, il écrit avec l’aide de Lady Borton une série d’ouvrages traitant de divers aspects de la culture du Vietnam, allant de la cuisine au mariage, en passant par le ao dai (robe traditionnelle) ou même le bambou. Sa collaboratrice, féministe américaine, est l’auteur du livre “Vietnam, l’après chagrin” qui évoque les réalités de la condition féminine pendant la guerre du Vietnam, que l’on soit mère, épouse, travailleuse, combattante ou les quatre.

Les oeuvres citées plus haut font échos à des nombreux autres ouvrages publiés plus tôt comme “Vietnamese folk-tales. Satire and Humour” en 1986, ou encore “Sketches for a portrait of a Vietnamese culture” en 1998.

Malgré son âge avancé, Huu Ngoc continue ainsi à dévouer sa vie à la connaissance et au rayonnement de la culture vietnamienne. Il s’attache aussi à faire comprendre aux jeunes générations l’importance de préserver cette culture millénaire, dans le soucis de renforcer une identité nationale encore jeune.

Les mots d’or

Parmi ses milliers d’article, “L’identité nationale face à la mondialisation” a été récompensé par « Les Mots d’Or 2003 ».

En voici un extrait : « Il importe de considérer la mondialisation sans passion, sous tous ses aspects, parce que c’est un phénomène incontournable, avec lequel nous devons cohabiter. Il faut l’envisager de manière active et non passive, à la lumière de la Déclaration universelle de l’UNESCO sur la diversité culturelle (novembre 2001). S’il faut lutter contre l’action négative de la mondialisation, il faut savoir profiter de son potentiel de créativité. Grâce au développement technologique foudroyant de l’information, des communications et transports, elle offre aux cultures nationales et ethniques, une audience et un champ d’action d’une ampleur sans précédent. Si la diffusion mondiale d’un produit culturel, matériel ou spirituel, peut entraîner l’uniformisation, il n’en est parfois pas moins vrai qu’elle ajoute à la diversité culturelle d’un pays ou d’une région, surtout quand il s’agit de lieux lointains, hors de la circulation. Le patrimoine humain est ainsi mieux partagé. »

Le chercheur culturel qu’est Huu Ngoc nous rappelle ainsi les nombreuses influences dont s’est nourrie l’identité culturelle vietnamienne, sans jamais perdre ses fondements idéologiques. Selon lui, la préservation de nos racines ne traduit pas forcément un rejet d’autres cultures car la construction d’une identité culturelle nécessite pour perdurer et s’affirmer d’accepter  en intégrant l’influence d’autres horizons.

Sources: 

http://www.vietnamdecouverte.com/culture/culture.html

http://alasweb.free.fr/Bulletins/Bull%20181%201e%20tr%202008/ndl_a_la_decouverte_culture_viet.htm

http://lecourrier.vnanet.vn/lecourrier/fr-fr/details/78/anniversaire-20/68458/vingt-ans-apres.aspx

Reading this book is like being taken by the hand and gently guided through the garden of knowledge by a friend who knows the way. Huu Ngoc knows where the flower of wisdom blossoms and where it bears fruit.’Bodil Malmsteen, Stockholm

 

Thu Anh DUONG

Wilfried MARANDON

Jules de PERTHUIS

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